Publiziert am 20 April 2011 um 14:46 Von Aurélie

"Isn't a part of what you might call Fluxus philosophy just being unprofessional?" said Curator René Block, trying to narrow down the Fluxus phenomenon. With his long-term project "Sender Mittelfranken", (Middle Franconia Station) artist Bernhard Krauß rejects the form of professionalism you would expect to find in a television program. While early video artists like Nam June Paik and Wolf Vostell deconstructed the broadcast television image, Krauß's deliberate dilettantism is suited to the regional station format. Long before the invention of Youtube, he recorded short performances, found objects and everyday observations with a simple digital camera. His clips are an average of one minute long, the style of which oscillates between amateur video, TV activism, Fluxus and conceptual art. In 2002 he began stringing these videos together, without narrative intention, under the name "Sender Mittelfranken".

Krauß knows Middle Franconia well; he grew up there. But his view through the camera of things and situations is detached, and everyday life seems unfamiliar, in a Brechtian sense. Whether crisp bread, a soap box, a fireplace, German flags, the "Platz of Deutschen Einheit" (German Unity Square) or the Franconian winter landscape, everything looks peculiar. Krauß follows the principle of one video per location. He films the dull plastic surfaces of a fully automated public restroom to the sounds of tailor-made ambient music. He introduces a run-down seat of the German-Russian Cultural Center, or shows asylum seekers between a fence and makeshift housing, sitting at a grill. The artist occasionally offers up laconic commentary, which is then roughly translated into French by a computer program. "Das Freibad von Schweinau" (The Schweinau Outdoor Pool) is a bright blue painted surface on a meadow. The signifier and the signified differ, resulting in a dry joke. Or he contextualizes a dramatic sculpture, a gift from Nuremberg's sister city, with the exclamation "Danke Skopje!" (Thanks, Skopje!).

This episode of "Sender Mittelfranken" encompasses one year. The video begins with a hike along well-beaten paths and ends with a blackbird ruffling its feathers in the snow. The picture of an indiscriminate TV antenna serves as an intermediate image between videos, as the program jumps quickly between a touristic view and its dark side.

In 2007 Krauß set up his first Youtube channel, and has since filled over 20 channels. Is a new kind of artistic practice possible on this internet platform? In the episodes of "Sender Mittelfranken", most of the faces are cut out. This way no private lives are made public -- a function that video usually fulfills in "reality" as it's manifested on Youtube. Since the 1960's artists have deconstructed new media like television and later the internet, or used it according to their own parameters. Krauß sees his artistic gain pragmatically. If you "distribute the video clips across different channels, whether local or categorized by different content or form, an archive is created which is public at the same time". The playlist function can also replace video editing.

By utilizing Youtube, Krauß also challenges the privileged image of the artist. He publishes material in a place where the reception of art is non-existent. But through the discrepancy between locally centered, obsolete regional television and the digital tools of web 2.0 culture, Krauß infiltrates a medium where the majority of its contributions are created in teenager's bedrooms across the globe. But for Krauß, the question of format is connected to the "assumption of an audience"; that there are people "who will watch it". With its volumes of unorganized data, that's something Youtube can't yet guarantee. On the other hand, Gerry Schum's legendary film gallery failed on public television. "Sender Mittelfranken" just keeps going, and signs off with a video of the teen band "Zwangsversteigerte Doppelhaushälften".

Vera Tollmann

Publiziert am 20 April 2011 um 14:34 Von Aurélie

Le Fluxus, un mouvement d'art contemporain que René Block, commissaire de l'exposition, tente de définir en quelques mots : "la philosophie Fluxus, n'est ce pas surtout l'art de faire dans l'anti-professionnalisme". Avec son projet "Sender Mittelfranken", Bernd Krauss fait effectivement le choix du non-professionnalisme, aux antipodes de ce que l'on attend habituellement d'un programme de télévision. Si les pionniers de lart vidéo comme Nam June Paik et Wolf Vostell étaient connus pour déconstruire l'image télévisée, le dilettantisme résolu de Bernd Krauss rappelle plutôt les émissions de télévision régionale. Bien des années avant la vague Youtube, l'artiste né en 1968 à Nuremberg filmait de courtes performances, des objets trouvés ou des scènes banales de la vie quotidienne avec une petite caméra numérique. Depuis 2002, il constitue une collection de ces séquences d'une minute, qui se situent quelque part entre la vidéo amateur, l'activisme télévisuel, la tendance Fluxus et l'art conceptuel. Il les regroupe, sans aucune intention narrative, dans son oeuvre intitulée "Sender Mittelfranken", du nom d'une hypothétique chaine de télévision régionale.

La région de la Franconie, Bernd Krauss la connaît bien : c'est là qu'il a grandit. Et pourtant, la distance qu'il adopte dans sa manière de filmer des situations quotidiennes les rend étrangères dans le sens brechtien : une biscotte, une caisse à savon, un feu de cheminée, des drapeaux allemands, la Place de l'Unité allemande, un paysage hivernal de Franconie...toutes ces scènes dégagent une impression décalée. Fidèle au principe "un lieu, une séquence", Bernd Krauss filme, dans une cabine WC entièrement automatisée, les surfaces de plastique au son d'une musique d'ambiance taillée sur mesure. Il présente le Centre culturel germano-russe qui a visiblement connu des jours meilleurs, il montre des demandeurs d'asile qui organisent un barbecue entre leur domicile provisoire et la clôture. Parfois, l'artiste nous gratifie de quelques commentaires laconiques en voix off, ceux-ci ayant été traduits de manière rudimentaire en français par informatique. "La piscine de Schweinau" est une surface peinte en bleu criard, au beau milieu d'un pré. Désolidarisant le signifiant du signifié, il présente un humour d'un genre assez sobre. Ou, en commentant tout simplement "Merci, Skopje !", il contextualise une sculpture pathétique, offerte tantôt par la capitale de Macédoine à Nuremberg, sa ville jumelée.

Cette version de "Sender Mittelfranken" est une excursion dans le temps qui recouvre une année. Une excursion qui commence sur un chemin couvert de glace et qui se termine sur le ballet des merles dans la neige. Et pour tout changement de programme, Bernd Krauss fait appel à la photographie vidéo d'une antenne émettrice : en effet, l'émission est agrémentée de changements radicaux entre la vision touristique d'un paysage, d'une scène et son revers.

Krauss fait résolument partie de la génération Youtube : son premier Youtube-Channel date de 2007. Et depuis, il y a contribué avec une vingtaine d'oeuvres. Cette plateforme internet permet-elle de développer de nouvelles pratiques artistiques? Dans ses émissions de la série "Sender Mittelfranken", la plupart des visages sont coupés ou floutés. On évite ainsi de rendre publiques les scènes de la vie privée - une fonction pourtant recherchée par les accros de Youtube : la vidéo, nouveau manifeste de la « réalité ». Depuis les années 60, de nombreux artistes se sont employés à déconstruire les caractéristiques des nouveaux medias tels que la télévision ou l'internet, ils les ont utilisés conformément à leurs propres paramètres. Bernd Krauss considère la plus-value apportée par ces nouveaux médias de manière pragmatique : "si l'on répartit les clips vidéo sur plusieurs chaines, si ces chaines se différencient sur le plan géographique, formel ou thématique, on obtient une sorte d'archive qui devient publique au même moment". De plus, la fonction playlist permet de remplacer le montage vidéo.

Utilisant l'outil médiatique Youtube, Bernd Krauss remet également en question le statut privilégié de l'artiste : il publie son oeuvre là où le contexte est le moins favorable pour la perception de l'art. Mais la contradiction apparente entre l'ancrage local de la télévision locale, media en perte de vitesse, et l'utilisation de l'outil numérique de la culture Web 2.0, Krauss décompartimente le monde médiatique qui est devenu une partie intégrante de la chambre des adolescents mondialisés. Quoi qu'il en soit, la question du format est liée pour lui à la réception par le public : y a-t-il des gens qui seront prêts "à regarder ça"? Une énigme à laquelle Youtube ne peut répondre si l'on considère les quantités incroyables de données déversées quotidiennement sur ce portail. D'autre part, on sait aussi que Gerry Schum avait échoué avec sa tentative d'organiser une galerie vidéo sur une télévision de service public. "Sender Mittelfranken" continue son bonhomme de chemin et nous quitte avec une séquence du groupe d?adolescents "Zwangsversteigerte Doppelhaushälften".

Vera Tollmann

Publiziert am 30 März 2011 um 16:29 Von Aurélie

"Ist das nicht ein Teil dessen, was man FLUXUS-Philosophie nennen könnte, nämlich unprofessionell zu sein?", versuchte der Kurator René Block einmal das Fluxus-Phänomen einzugrenzen. Mit seinem Langzeitprojekt "Sender Mittelfranken" verweigert auch der Künstler Bernd Krauß die Form von Professionalität, die sonst von Fernsehprogrammen erwartet wird. Während Videokünstler der ersten Stunde wie Nam June Paik und Wolf Vostell das gesendete Fernsehbild dekonstruierten, eignet sich Krauß mit vorsetzlichem Dilettantismus das Format Regionalsender an. Schon bevor es Youtube gab, nahm er kurze Performances, Objets trouvés und banale Alltagsbeobachtungen mit einer einfachen Digitalkamera auf. Seine im Schnitt einminütigen Clips, die sich stilistisch zwischen Amateurvideo, TV-Aktivismus, Fluxus und Konzeptkunst bewegen, reiht er seit 2002 ohne narrative Absichten unter dem Namen "Sender Mittelfranken" aneinander.

Mittelfranken kennt Krauß gut, dort ist er aufgewachsen. Doch durch seinen distanzierten Kamerablick auf Dinge und Situationen erscheint Alltägliches im Brechtschen Sinne verfremdet: Das Knäckebrot, die Seifenkiste, die Feuerstelle, Deutschlandfahnen, der Platz der deutschen Einheit, die fränkische Winterlandschaft , alles wirkt seltsam. Nach dem Prinzip ein Ort, eine Aufnahme filmt Krauß auch in einem vollautomatisierten WC-Häuschen zu maßgeschneiderter Ambientmusik die stumpfen Kunststoffoberflächen ab, stellt den runtegekommenen Sitz des deutsch-russisches Kulturzentrums vor oder zeigt Asylbewerber, die zwischen Zaun und provisorischer Unterkunft am Grill sitzen. Gelegentlich gibt der Künstler aus dem Off lakonische Kommentare ab, die mit einem Programm grob ins Französische übersetzt wurden. "Das Freibad von Schweinau" ist eine knallblau angemalte Fläche auf einer Wiese. Signifikant und Signifikat weichen voneinander ab, so entsteht ein trockener Witz. Oder mit dem Ausruf "Danke Skopje!!!" kontextualisiert er eine pathetische Skulptur, ein Geschenk der Partnerstadt an Nürnberg.

Diese Ausgabe von "Sender Mittelfranken" umspannt ein Jahr. Das Video beginnt mit einer Wanderung auf vereisten Wegen und endet mit einer aufgeplusterten Amsel im Schnee. Die Aufnahme irgendeiner Fernsehantenne dient als Zwischenbild für einen Wechsel im Programm. Denn die Sendung wechselt sprunghaft zwischen einem touristischen Blick und dessen Kehrseite.

2007 hat Krauß seinen ersten Youtube-Channel eingerichtet. Inzwischen füllt er über zwanzig Kanäle. Ist auf dieser Plattform im Internet eine neue künstlerische Praxis möglich? In den Beiträgen auf "Sender Mittelfranken" sind die meisten Gesichter abgeschnitten. So wird kein privates Leben öffentlich ? eine Funktion, die Video sonst erfüllt in der "Realität", wie sie sich auf Youtube manifestiert. Seit den 1960er Jahren haben Künstler die Eigenschaften neuer Medien wie Fernsehen oder später dem Internet dekonstruiert oder nach ihren eigenen Parametern genutzt. Krauß beurteilt seinen künstlerischen Gewinn ganz pragmatisch. Wenn man die Videoclips "auf unterschiedliche Kanäle verteilt, ob nun lokal, inhaltlich oder formal unterschiedlich, entsteht ein Archiv, das gleichzeitig öffentlich ist". Außerdem kann die Playlist-Funktion den Videoschnitt ersetzen.
Mit dem Gebrauch von Youtube stellt Krauß auch das priviligierte Bild des Künstlers in Frage, indem er sein Material dort veröffentlicht, wo der Kontext für die Rezeption von Kunst nicht gegeben ist. Aber durch den Widerspruch zwischen der lokalen Verortung des Auslaufmodells Regionalfernsehen und der Nutzung der digitalen Werkzeuge der Web 2.0-Kultur unterwandert Krauß ein Medium, dessen Beiträge zu einem signifikanten Teil in globalen Jugendzimmern aufgenommen werden. Dennoch ist für ihn die Formatfrage mit der "Publikumsbehauptung" verbunden - dass es Leute gibt, "die sich das anschauen". Das kann Youtube mit den unorganisierten Datenmengen vorerst nicht einlösen. Andererseits scheiterte aber schon Gerry Schum mit seiner legendären Videogalerie im öffentlich rechtlichen Fernsehen. "Sender Mittelfranken" macht einfach weiter und verabschiedet sich mit einer Aufnahme der Teenage-Band "Zwangsversteigerte Doppelhaushälften".

Vera Tollmann
Profil

Bernd Krauß

Bernd Krauß (born 1968 Nürnberg) graduated from the University of Hildesheim in 1996 (Applied Cultural Science and Practical Aesthetics). He received scholarships among others from the Berliner Senat and Kunstfonds Bonn and survived residencies at Künstlerhaus Schloß Balmoral, Künstlerhäuser Worpswede, IASPIS Stockholm and CCS Bard College. Since 2006 he is involved with the MFA program at the Piet Zwart Institute in Rotterdam. With in an interest in stratified levels of creative activity and its varied manifestations, Bernd Krauss's practice references both the quotidian experience as well as the endeavors of high culture. While simultaneously embodying the hobbyist and the contemporary artist, Krauss employs traditional craft techniques as well as a conceptualized approach to production

Bernd Krauß

Kontakt

Kommentar des Tages

Ich bin langsam am Verzweifeln. Ich such immer noch die richtigen Knöpfe! Ich fühl mich wie im Kartenhaus. Nur noch 22 Stunden und 16 Minuten bis Abgabeschluss! 

Von Martin Wagner | 15/05/2012