Published on 12 February 2011
at 06:51
by
Céline Trouillet
Mon travail vidéo actuel est principalement une série de portraits chantants de gens plus ou moins ordinaires, inspirés sans doute à l'origine de mon propre rêve d'enfance de devenir chanteuse, entourée comme je l'étais par une nouvelle culture de clips vidéo et de karaoké vers la fin des années 80. Même si je ne serai jamais la Madonna malentendante, l'avènement de la nouvelle technologie m'a permis de recontextualiser cet aspect de la culture populaire à travers l'art vidéo. Généralement, mes performeurs sont des gens ordinaires qui ne sont pas des chanteurs (et qui sont même parfois des malentendants ou des sourds profonds). L'intérêt de mes films réside donc non pas dans la qualité du chant, mais plutôt dans la révélation du personnage. Ceci est généralement articulé autour d'un décalage entre la chanson et la situation du performeur, comme par exemple dans Song n°9 où une vieille dame chante sa chanson préférée, datant de sa jeunesse, qui anticipe un futur mariage et une future vie conjugale romantique. Le décalage entre l'image et la bande sonore est parfois aussi une source de l'humour, comme dans Song n°8, où une jeune femme en costume alsacien traditionnel interprète un tube disco américain en langue régionale. Pourtant la mise en scène de la vidéo évoque également des questions sérieuses concernant la place et l'avenir de la culture traditionnelle et locale, dans un monde de plus en plus médiatisé à une échelle mondiale. Tous les films évoquent l'ambiguïté de la situation actuelle des femmes dans un contexte, en France comme ailleurs, dans lequel la culture, l'identité et les a prioris de chacun de nous sont de plus en plus assujettis aux ambiguïtés et incertitudes qui sont le résultat des changements radicaux dans le paysage social d'aujourd'hui.
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