Bond Bis

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Massive campagne multi-médiatique oblige, nul ne peut ignorer la sortie en salles du 24e opus des aventures du plus célèbre agent secret de la planète (pour les vraiment très distraits : James Bond, agent 007) à nouveau aux prises avec son éternelle Némésis, la malfaisante et tentaculaire organisation SPECTRE. L’indétrônable Bond s’est imposé comme le roi du cinéma d’espionnage dès ses débuts, en 1962, entrainant dans son sillage une multitude de sous-007 diversement démarqués et inspirés. Petit tour d’horizon des plus délicieusement Bis d’entre eux.

Zéros partout, Bond au centre

Dans les années 60/70, l’Italie était une fabuleuse machine à digérer et régurgiter à sa sauce tout genre cinématographique caracolant en tête des box-offices. James Bond 007 contre Dr. No (Terence Young, 1962) cartonne ? En toute logique, allons-y et alignons gaillardement les 007 ! Enfin, jusqu’à ce que la famille Broccoli, productrice historique de la saga n’y trouve à redire. A partir de là, on numérote différemment mais la source reste bien évidemment la même. 

Parmi les avatars bondiens les plus amusants issus ce qu’on nomme l’Eurospy (l’époque était aux co-productions européennes, même si l’Italie dominait assez largement), citons : Operation Goldman (Antonio Margheriti, 1966) où notre espion, au lieu de l’habituel "licence to kill" ("permis de tuer") détient un plus pacifique carnet de chèque gouvernemental sans limite de plafond : "permis de dépenser" !

 

 

Et d’une opération à l’autre, impossible de passer sous silence Opération frère cadet (Alberto de Martino, 1967) qui mise tout (vraiment tout ?) sur la présence au générique de Neil Connery, frère cadet à la vie comme à l’écran du tout premier James Bond officiel, Sean Connery.

 

 

De son côté, Umberto Lenzi à qui on doit quelques films de jungle bien déviants, offre le rôle de l’agent 008 à une femme dans Suspense au Caire pour A008 (1965), tandis que la même année, Sergio Grieco entame la trilogie consacrée à l’agent 077 avec Opération Lotus Bleu.

 

 

1965 toujours, Bruno Corbucci n’hésite pas à livrer en pâture aux spectateurs innocents son parodique James Tont operazione UNO (prend ça dans les dents Austin Powers !). 

 

 

Mais arrêtons là le catalogue des bonderies italiennes, car s’il fallait consacrer autant de place à tous les pays ayant produit de l’agent double 0 ce serait sans fin ! Prenez la France par exemple, entre les Tigres (deux films signés Claude Chabrol en 1964 et 1965), ou la série des Coplan, agent X 18 (cinq films entre 1964 et 1968) ou les fameux OSS 117 (six films entre 1963 et 1970)… OK, mais dans le cas de ces deux derniers, arguerez-vous, peut-on vraiment parler de copies puisque les personnages existaient déjà sur grand écran avant (1957) la sortie de Dr. No ? Et oui les amis, à partir de 1962 toutes les cartes sont redistribuées, et ces films viennent bien s’inscrire dans l’Eurospy en tant que dérivés bondiens. En la matière, en France, on s’est montrés presque aussi prolifiques que ces coquins d’Italiens, retenons ces perles cinéphiliques que sont Bons baisers de Hong Kong (Yvan Chiffre, 1975) et Tais-toi quand tu parles (Philippe Clair, 1981).

 

 

 

 

La Grande-Bretagne, patrie d’origine de notre agent, n’a pas échappée au phénomène, gardons pour l’exemple No. 1 of the Secret Service (Lindsay Shonteff, 1970) : "il n’y a jamais eu de zéro devant son nom, il est juste le n° 1". En toute humilité…
 

 

Le continent asiatique n’a pas non plus été épargné par cette déferlante et de manière directe ou indirecte, chacun y est allé de son clin d’œil à l’univers de ce bon vieux James. Ainsi dans La résurrection du Dragon (Kei Law, 1977), Bruce Lee est bien mort, oui, mais depuis son coin de Paradis, il continue à donner des coups des tatanes, l’un de ses illustres adversaires étant, vous l’avez deviné, James Bond –les autres sont Dracula, le Parrain, Emmanuelle, etc. Vraiment n’importe quoi…
 

 

Du coup l’Indien James Bond 777 (K. S. R. Doss, 1971) paraît très raisonnable en comparaison !
 

 

Achevons ce voyage en territoire bondien aux Philippines, où du milieu des années 60 jusqu’à la fin des années 70, Tony Ferrer a notamment incarné une vingtaine de fois l’agent X44.

 

 

Mais il a beau assurer, Tony ne peut pas lutter, d’ailleurs personne ne peut lutter, face au plus étrange de tous les pseudo-Bond, l’incomparable Weng Weng, qui en 1981 tourne coup sur coup, Agent 00 et For Y'ur Height Only sous la direction de Eddie Nicart. Insurpassable.

 

 

Liens :
• Concernant Weng Weng, il faut voir l’incroyable documentaire au long cours (sept ans pour faire le tour du sujet !) The search for Weng Weng (Andrew Leavold, 2014).
• Dans le cycle Trash de l’automne consacré aux Femmes d’enfer, jetez un œil à La Diablesse aux mille visages (Chung Chang Haw, 1969).
• LA bible française, Les classiques du cinéma bis : rencontre avec les auteurs, Laurent Aknin et Lucas Balbo en 2009.
• Le site The Kiss Kiss Kill Kill Archive et son International Spy Film Guide richement illustré

Auteur : Jenny Ulrich

Sur ARTE :
"Mon nom est Fleming, Ian Fleming. L'homme qui créa James Bond"
Un documentaire sur l'écrivain derrière 007, disponible en replay jusqu'au samedi 14 novembre 2015.

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