Cécile Babiole & Vincent Goudard: "Donjon", 2011

de TOBIAS

Cécile Babiole & Vincent Goudard: "Donjon", 2011

32 min

De la musique industrielle dans les années 80 (au sein du groupe Nox) aux cultures électroniques et numériques aujourd'hui, le travail de Cécile Babiole évolue de manière transversale, croisant les circuits de la musique et des arts visuels. Loin d'une pluridisciplinarité de mise, c'est le passage d'un langage à un autre, la contamination d'un code par un autre, ou encore le détournements de concepts et de techniques industriels ou domestiques vers le champ de la musique ou des arts plastiques, qui sous-tendent sa pratique. Qu'elles apparaissent dans l'espace public (rue, autobus) ou privé (galeries, salle de concert), ses dernières installations et performances interrogent avec singularité et ironie nos systèmes de représentation.

Son travail a été distingué par de nombreux prix : Imagina, Images du Futur, Ars Electronica, Festival de l'Audiovisuel Muséographique, Festival de Locarno, prix de la SCAM, bourse Villa Médicis hors les murs, Festival Transmediale Berlin, Stuttgart FilmWinter and Expanded Media Festival... Au-delà des plaisirs que réservent les amitiés fidèles, c'est l'heureuse aventure de suivre l'évolution à la fois impétueuse et rigoureuse de son parcours d'artiste qui nous amène à l'inviter pour la septième année dans notre Ososphère.

Un texte de Cécile Babiole au sujet de Donjon :

Donjon au Môle Seegmuller est tout à fait à sa place puisque le Môle est un entrepôt et que Donjon met en scène des marchandises!

Donjon est une performance image et musique avec Vincent Goudard au cours de laquelle nous déconstruisons joyeusement un certain nombre d'objets de consommation et en particulier des machines audiovisuelles: tourne-disques, radios, ordinateurs, instruments de musique, téléphones, fax, caméras mais aussi voitures de course, blenders à cocktail, poulets de batterie et autres accessoires de la vie domestique et fantasmatique, anciens ou récents... Toutes ces marchandises sont représentées en animation 3D temps réel et projetés sur un grand écran situé en fond de scène. La performance consiste à mettre en dysfonctionnement ces objets, à leur faire subir des accidents, des pannes ou contorsions sonores et visuels, un peu comme si les kits de chez Ikea reprenaient leur liberté. Grâce à des interfaces très spéciales dont l'esthétique est empruntée à l'univers des jeux d'arcade des années 80 (panels recyclés de bornes de jeux comme Astéroïds, Gravitar, Missile Command ou autre Space Duel), les deux joueurs interagissent avec les objets 3D et sonores. L'image et le son sont créés en même temps et interagissent l'un sur l'autre: certains paramètres du son de Vincent, par exemple l'enveloppe, contrôlent certains mouvements visuels, tandis qu'inversement des valeurs venant de mes animations, par exemple la position de la caméra 3D, déclenchent ou modulent un filtre ou le départ d'un son. Mais aucun systématisme n'est appliqué. Une manière singulière de régler leur compte aux marchandises pléthoriques.




www.babiole.net





mazirkat.org/vincent
Production : Oscilloscope & Ososphère Réalisation : Olivier Fuoc

Réactualisé le

16/08/2011 - 13:04

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