Atelier A. # Alain Declercq

Alain Declercq : ennemi artistique numéro un ?

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Alain Declercq est une menace. Il n’aime rien tant que s’en prendre aux représentations de l’ordre public, aux emblèmes de pouvoir, mettre en déroute le système. Un contrôle radar et le voilà qui se poste à dix mètres en avant des forces de l’ordre, avec une pancarte avertissant le conducteur. C’est un délit. Nous sommes en 1998. Ce ne sera pas le dernier. Pour le film "Mike", récit post-11 septembre, Declercq a subi fouilles et interrogatoires de la brigade antiterroriste. C’est vrai , artiste est une couverture idéale. Il filme, il photographie, il enquête et met à jour les structures du pouvoir, le rapport de domination complice avec la population. Chez lui sa paranoïa plastique et critique est sculptée à coups de pistolet : « l’instinct de mort » (hommage à Mesrine, l’ennemi public numéro 1), des portraits de Dick Cheney ou George Bush ont nécessité des milliers d’impacts de 22 long rifle. Le lieu d’exposition est ainsi criblé. Exécuté. Coupable. Alain Declercq est toujours en planque, agent dormant constamment sur le qui-vive, sentinelle des abus de pouvoir et des dérives possibles. Fasciné par les structures interdites de photographies (Pentagone, lieux dits sensibles), il contourne l’interdit et les fixe à la camera obscura. Conflits larvés et les théories du complot traversent son œuvre photographie, sculptée et vidéo. Le combat que mène Alain Declercq, passionné sans jamais verser dans la doxa moralisatrice ou l’indignation à peu de frais, alterne les déstabilisations. C’est un dur au cœur tendre. Il ne nous laissera pas tranquilles. 
  
Alain Declercq en plein milieu de sa réalisation parle de "My Home is my Castle", son sens politique et sa passion du secret. Après une première version plus artisanale, c’est un camion-citerne entier qui est converti en planque clandestine, entre cachette enfantine et regard plus tranchant sur la détresse humaine des flux migratoires. 



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