Atelier A - Gyan Panchal

L'atelier A : Gyan Panchal

Atelier A

Lors de la préparation de son exposition "Redevenir soleil" à Paris, l’artiste sculpteur Gyan Panchal s’affirme comme une des grandes voix contemporaines qui prônent le silence (ou le murmure) comme mode de conversation entre l’homme et les objets. La vie de la matière, la réincarnation du geste, sont livrées avec un métier d’orfèvre, mais qui pour autant ne repousse pas sa pulsion d’hybridité. Bienvenu dans un monde où les objets ne parlent plus, ils agissent.

Explorateur de frictions naturelles et physiques tout autant que de fictions sculpturales, les constructions de Gyan Panchal – qui se donnent pourtant l’air de ne pas y toucher, comme si la sculpture se résumait à l’objet trouvé ou au ready-made – redonnent toute sa vitalité au médium de la sculpture dans notre contexte contemporain ; si marqué par la dépravation des ressources naturelles et par la dépréciation de la matière première. Anti-spectaculaire et certainement méditative, la pratique de Gyan Panchal consiste davantage à retrouver le potentiel "intérieur" de chaque matériau plutôt que d’en révéler un effet de surface ou un dérivé stylistique. On se demande à la rencontre de ses sculptures, envisagées par lui comme des réserves d’énergie, si on regarde d’abord un objet, une forme, un matériau, une trace d’expérience ? Le recours à des matières industrielles brutes, souvent dérivées du pétrole, telles que les polymères ou les plastiques, et auxquelles il associe des poudres naturelles (charbon, graphite, etc.) signifie un rappel de l’histoire économique. Il n’hésite pas non plus, devant la matière vivante, animale, informe, à prendre en compte une certaine consumation de l’objet sculptural. De là, découle une certaine impureté du travail accompli (ou du travail s’accomplissant par lui-même sous l’œil dirigiste du sculpteur), qui se tient presque trompeusement à cheval entre sa vocation à la transfiguration et le faire-image désiré par la sculpture. Ses dernières années avec son installation en région du Limousin, Gyan Panchal se nourri davantage du contexte rural (le silo, la ruche…) que du le contexte urbain et l’imaginaire du chantier où il puisa ses premières sources. Considérant ses sculptures comme des "césures" ou des "traits d’union" entre l’homme et son rapport au territoire, à la nature, le spectateur leur semble non seulement indispensable, mais consubstantiel.

Atelier A : Gyan Panchal (version longue)

• Gyan Panchal pour la galerie Marcelle Aix

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