Industriebrachenumgestaltung - Ein Tag auf der IBUg 2015

Le festival IBUg et l'Ostrale

Portrait de st-creative@arte.tv
ARTE Creative

La dixème édition du festival IBUg s'est tenue fin août 2015. Cette année, ce grand raout du streetart était jumelé à un autre grand rendez-vous : la Ostrale. Les équipes de 5 MINUTES étaient sur place.

Fin août 2015, nous sommes retournés au IBUg, qui a eu lieu cette année à Plauen, dans la région du Vogtland, en Allemagne. Pour cette dixième édition du festival IBUg ("Industriebrachenumgestaltung" en version longue, littéralement "relooking de friches industrielles"), pas moins de 60 artistes de 11 pays avaient été invités, parmi lesquels des créatifs venus d’Allemagne, d’Autriche, de Suisse, de France, d’Espagne, d’Italie, de Biélorussie, d’Ukraine et même du Mexique. La manifestation s’est déroulée dans l’ancienne usine de torréfaction située dans le quartier de Haselbrunn, à Plauen. Durant une semaine dédiée à la créativité, ce monument de l’histoire industrielle saxonne a été transformé en œuvre d’art collective à coups de graffitis, de fresques, d’illustrations, d’installations et d’autres projets multimédias. Trois jours durant, les visiteurs ont pu en profiter et se laisser surprendre par l’éventail et la qualité des œuvres. Un programme en marge de ce week-end festivalier proposait également visites guidées, projections de films, conférences, discussions et soirées.

L’IBUg a été créé en 2006 par l’artiste Tasso, qui souhaitait en faire un symposium du graffiti dans sa ville natale de Meerane. Depuis, la manifestation est devenue un festival de renommée internationale qui, année après année, attire des artistes de street art des quatre coins du globe et plusieurs milliers de visiteurs. Les organisateurs veulent montrer que l’art urbain ne perd rien de sa pertinence, même en dehors des grandes métropoles. "Jamais je n’aurais imaginé que l’IBUg allait prendre de telles proportions", a déclaré Tasso. En 2006, il s’est simplement mis en quête de surfaces libres dans les friches industrielles de sa ville, et une fois qu’il les a eues trouvées, il a créé un premier petit événement avec une quinzaine de ses amis artistes, afin de faire des expérimentations ludiques avec de vieilles installations, des pièces détachées de machines, des harnais, des fenêtres et des bâtiments insolites. Il ne s’agissait pas uniquement de tagger des murs. L’artiste âgé de 49 ans explique qu’"il s’agissait de s’adapter à l’environnement et de lui donner un nouveau visage en le peignant à l’aide de bombes ou de quoi que ce soit d’autre, en faisant des collages ou en bricolant".

Aujourd’hui, dix ans plus tard, il a même fallu refuser des artistes qui voulaient participer. "La demande est telle que l’on pourrait organiser plusieurs IBUg". Après être resté quelques années à Meerane, le festival s’est déplacé à Crimmitschau, Glauchau et Zwickau. Mais cette dixième édition est également une première. En effet, la plupart des précédentes friches ont été rasées depuis longtemps, et les œuvres avec. "Le street art est intrinsèquement éphémère", a déclaré le coorganisateur Michael Lippold. En revanche, l’ancienne usine de torréfaction de Plauen est plus un centre culturel qu’une friche. Voilà la nouveauté. Les œuvres créées seront conservées. C’est à n’en pas douter un nouveau défi pour les artistes.

 

Die Ostrale 2015 meets Graffiti Art

Nous sommes arrivés sur place le dernier jour de la manifestation et, comme l’an passé, avons retrouvé Peter Thormeyer (attaché de presse de l’IBUg) pour une petite visite guidée de quelques heures. Nous avons rencontré entre autres artistes Florian Huber, de Hambourg, qui, cette année encore, a utilisé des clôtures pour ses installations, et a même eu l’occasion de collaborer avec le légendaire Loomit sur la cheminée de l’ancienne usine de torréfaction. Avec son œuvre, Florian a cherché, même si ce n’est que de manière symbolique, à préserver un monument de l’histoire industrielle à l’aide de clôtures soudées. Nous avons également  croisé Tommi, du collectif Quintessenz, Simo et Tasso, qui a mis cette année la main à la pâte et n’a donc pas pu prendre part à notre petite balade. Nous avons vu Guido Zimmermann, de Francfort, qui a collaboré avec l’artiste viennoise Chinagirl Tile. Elle nous a montré comment on pouvait intégrer de la céramique dans une fresque murale, tandis que Dr. Molrok nous a expliqué son installation en métal en forme de lettre. 

Sur le site, nous avons également découvert toutes sortes d’œuvres visuelles et d’installation créées entre autres par Benuz du Mexique,  Bond TruLuv de Leipzig, Christian Rug de Leipzig, Farbgefühl de Iéna, Herr Orm , HiFi, HNRX, Innerfields de Berlin, KERA,  Madame Moustache de Montpellier, Majilina d’Italie, Odourodessa de Nuremberg, Theo Eifrig, Royal TS  de Leipzig, Zone56 ou encore Monarch de Erfurt, qui a réalisé une sculpture fantastique. 
Mais l’IBUg n’a depuis longtemps plus lieu qu’une seule fois dans l’année. Les organisateurs souhaitent également jouer les intermédiaires avec d’autres projets dans le domaine du street art. Ils ont appelé cela "IBUg on Tour". Cette année, le festival coopère avec l’Ostrale, une exposition collective d’art contemporain qui, depuis 2007, a investi un ancien abattoir de Dresde.

Cette année, parallèlement aux expositions sur l’art africain et sur des thèmes politiques d’actualité, l’Ostrale a décidé de mettre à l’honneur le graffiti et le street art. Des artistes de l’IBUg ont donc été invités à participer à cette exposition internationale dirigée par Anne Mrosowski et Florian Bölike de l’agence ATLJAE Kunstvermittlung. L’exposition surprend par sa collection riche et variée où se côtoient petites peintures murales, sculptures, photographies documentaires, vidéos artistiques, performances et installations spatiales multimédia conceptuelles. Nous avons regardé tout cela d’un peu plus près pour vous.

L’exposition avait très clairement pour thème le graffiti dans l’espace public. Si elle ne répondait pas à la question : "Qu’est-ce que le graffiti ?", elle proposait cependant diverses interprétations personnelles du terme. Quand certains des artistes sont restés fidèles aux lettrages sous toutes leurs formes, d’autres ont en revanche mis leur bombe de côté et ont utilisé différents moyens et techniques afin de réfléchir sur leur longue pratique du graffiti, de la mettre en scène ou de la parodier, tant aux niveaux de la technique que du matériel utilisé ou du fond. Certains acteurs anonymes de la scène illégale ont exposé leurs œuvres sous des pseudonymes, tandis que d’autres ont abandonné leur alter ego pour se présenter sous leur vrai nom. L’exposition a volontairement cherché à offrir aux artistes travaillant légalement et illégalement une plate-forme qui les réunisse comme une grande famille. Car comme dans toute famille très élargie, tous les membres ont des conceptions artistiques assez similaires en raison de leurs origines communes, bien que ces positions soient encore trop souvent perçues par le public comme fondamentalement différentes.

Liens
• IBUg
Ostrale - Zentrum für zeitgenössische Kunst

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