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Le Folklore du Web #8 : Rosa Menkman

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ARTE Creative

Pixels baveux, images distordues, le glitch art est à la mode. Le terme glitch désigne une défaillance électronique et, par extension, tout type d'accident informatique. Né dans l'underground du réseau en 2005, le genre a été popularisé par le rappeur superstar Kanye West en 2009 avec son clip Welcome to Heartbreak qui recourt à ces images en lambeaux pour illustrer un amour déliquescent. Cette esthétisation de l'erreur informatique contamine désormais la publicité, le design, et le cinéma (Cloverfield).

Si les médias réduisent le glitch à un effet graphique sympa, le « glitch art » englobe une scène radicale, qui n'est pas tant intéressée par le résultat final que par le processus. « le glitch est l'expérience magnifique d'une interruption qui détourne un objet de sa forme et de son discours ordinaire », témoigne Rosa Menkman, auteure de The Glitch Momentum, et coorganisatrice du GLI.TC/H festival. L'artiste néerlandaise crée des images hypnotiques en manipulant les formats, la compression vidéo, le feedback et d'autres formes de « bruit ». Elle fait partie de ces artistes de plus en plus nombreux à s'intéresser à l'esthétique basse définition, aux images pauvres, aux médias obsolescents, au style sale. Selon Menkman, le glitch ne peut se résumer à une simple technique, c'est un acte politique de libération et de résistance au contrôle, à l'idéologie de l'ordre et du progrès véhiculée par les médias numériques, au mythe de la transmission parfaite. « Trouver la catharsis dans la désintégration, les ruptures et les cracks, manipuler, plier et casser le médium jusqu'à ce qu'il devienne quelque chose de neuf ».

 

Liens :
• Rosa Menchman
• GLI.TC/H
 

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