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Le pays affreux des enfants peureux

Portrait de st-creative@arte.tv
ARTE Creative

Le sixième et dernier épisode de Don't Hug Me I'm Scared est sorti, et il enfonce notre jeunesse dans une mare toujours aussi noire et glauque.

Il y a cinq ans, les britanniques Becky Sloan et Joseph Pelling frappaient un grand coup avec leur court métrage Don’t Hug Me I’m Scared, une parodie d’émission pour enfants où le gore et le malaise s’installent au fur et à mesure de l’histoire.
35 millions de vues plus tard, ils décident d’en faire une websérie rassemblant toujours autant de fans, comme le prouvent les 5 millions de vues récoltées en une journée pour leur dernier opus.

Calquée sur l’émission culte Sesame Street, chaque partie met en scène trois personnages en laine et en latex qui s’éveillent au monde à l’aide de chansons aussi naïves qu’entraînantes.



Dès le premier épisode consacré à la créativité, la noirceur des protagonistes prend rapidement le dessus. Le sang remplace les couleurs utilisées habituellement par les enfants et l’atelier découverte tourne vite au cauchemar incompréhensible.

Les suivants seront toujours aussi angoissants : quand ils abordent le thème du temps, la sympathique horloge les mettra en garde contre la vieillesse et la décrépitude au lieu de les éduquer sur les heures du petit déjeuner ou du goûter et l'épisode sur l'amour mettra en scène une sorte de secte avec un gourou mangeur de gravier.
Les nouvelles technologies et la nutrition seront abordées de la même manière, nos héros restant tantôt coincés dans un logiciel maléfique, tantôt abrutis par les mauvais conseils d’une côte de boeuf.



C’est le thème du rêve qui clôture la série, et l’ombre de David Lynch y est plus que présente avec ce personnage piégé dans un songe sans fin à l’issue fatale, où tous les sujets des épisodes précédents reviennent le hanter en chanson. Les auteurs laissent aux spectateurs une libre interprétation de leur œuvre, c’est pourquoi on peut voir fleurir sur la toile différentes réactions, comme par exemple celle de la chaîne Thought.


Repérés pour leur court métrage d’animation Bad Things Could Happen, le duo Sloan & Pelling officie désormais dans le prestigieux studio d’animation Blink Industries, et ont notamment réalisé le clip Feels like we only go backwards de Tame Impala.

Leur série culte désormais achevée, on peut se demander vers quel univers démentiel ces deux-là vont maintenant se diriger. Une chose est sûre, il y a peu de chance pour qu’on en sorte indemne.

Mickaël Laplaud

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