teaser-voguing-fr.jpg

Le Voguing

Portrait de st-creative@arte.tv
ARTE Creative

Le Voguing, on sait ce que c’est. Non ? Mais si, vous voyez, quand on danse en faisant un petit cadre avec les mains autour de son visage (fig. 1) ? Ben voilà, c’est ça. Et ce, sur tous les dancefloors, mariages et Bar Mitzvah compris (mon dieu qu’elle est longue, cette intro), depuis 1990 et la chanson "Vogue", de Madonna, avec son clip signé David Fincher. Pourtant, jusque-là, il s’agissait d’une danse fort méconnue, pour ne pas dire secrète, voire carrément clandestine, car appartenant à la contre culture.

Tout commence dans une cellule de la prison de Riker’s Island, à New York, dans les années 60. Les membres de la communauté homosexuelle noire et latino qui y croupissent s’ennuient ferme. Et copient les poses des mannequins dans les magazines de mode. Vogue en tête. D’où le nom.

Cette danse arrive ensuite dans ce quartier du nord de Manhattan qu’on appelle Harlem, et où la communauté gay et transgenre se réunit lors de “bals” pour de magnifiques performances de Voguing.

En quoi ça consiste ?

La base, c’est le “petit cadre” qu’on a vu plus haut. Comme si on était en portrait à la Une d’un magazine, quoi.

Ensuite, il s’agit de se tenir comme si on déambulait sur le podium (fig. 2) d’un défilé de mode. Il convient donc de se parer d’une tenue recherchée. Et même dans le Harlem fauché comme les blés des années 70, on parvient à se fabriquer des fringues incroyables, à franges, à fourrures ou à plumes, pour épater la galerie.

voguing-3-4_fr.jpg

Car le Voguing est indissociable de l’idée de style et d’extravagance. D’ailleurs, les "voguers" appartiennent à des "maisons", comme les maisons de couture, dont les noms sont directement inspirés : "House of Milan", "House of McQueen", "House of Garçon"...

La suite logique, en Voguing, c’est d’enchaîner des poses dignes des meilleures séries de photos de mode, bien souvent au sol, avec la plus grande fluidité possible (fig. 3 et 4), en gardant son axe, comme si on fixait l’objectif d’un appareil photo.

voguing-5-6_fr.jpg

Et tout ça nous amène directement, une fois que l’on maîtrise les bases, à occuper l’espace, à se déplacer, tout en posant (fig. 5).

L’enjeu du Voguing, c’est d’avoir l’air sublime, dans des poses de stars et des tenues incroyables, et surtout, à travers cette magnificence, de s’affirmer : être gay, travesti, transexuel, et fier de l’être.

Petit à petit, le Voguing sort de Harlem pour conquérir toute l’Amérique, puis le monde, et même, finalement, le grand public, une fois que Madonna - mais aussi, un peu plus tard, Beth Ditto, Britney, Lady Gaga et même des boys bands de Corée du Sud - s’en sont emparés.

Mais sans jamais parvenir à dépasser la créativité (et la souplesse…) des pionniers du style, pour qui tous les mouvements, surtout les plus extravagants, étaient permis (fig. 6).

Bonus :

Madonna voit la vidéo du Bar Mitzvah boy 20 ans plus tard

Infographie - crédits
Production:  Arnaud Colinart - Ex Nihilo
Rédaction: Emilie Valentin & Florence Platarets
Illustrations: Nicolas Brachet - http://precipites.net/
ARTE France: Alexander Knetig, Sascha Hartmann

Sur ARTE Creative
Dita von Teese - "Belle toute nue"
• Cabaret new Burlesque : "nées pour être nues". Mise en ligne le vendredi 10 octobre

Sur ARTE
"Let's Dance" - Une collection documentaire en trois parties écrite par Florence Platarets et Olivier Lemaire
Coproduction: Arte France, Agat Films & Cie avec la participation d'ARTV, de S.H Channel 8 et de The Arts Channel Sky Network Television Limited New Zealand
• "Let's dance ! (1/3) - C'est le pied" - Dimanche 05 octobre à 22h25
• "Let's dance ! (2/3) - A poil!" - Dimanche 12 octobre à 22h35
• "Let's dance ! (3/3) - Ceci est mon corps" - Dimanche 19 octobre à 22h55
Les films seront disponibles sur ARTE+7, puis en VOD ou DVD 
• Programmation spéciale Danse sur ARTE en octobre 2014

Commentaires (0)