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Les ARTE Créatifs (3) - Charlie Mars : "Bricoleur, monkeyboy, artisan"

Portrait de st-creative@arte.tv
ARTE Creative

Qui est Charlie Mars? Réalisateur, mais aussi performeur, touche à tout vidéaste ou même présentateur tv, Charlie Mars ne se contente pas d'un seul cadre et apprécie le grand écart. Il tombe le masque pour ARTE Creative.

ARTE Creative : Sur quels projets travailles-tu en ce moment ? Quels sont tes prochains projets?
Charlie Mars : J’ai terminé il y a deux mois plusieurs projets; une commande sur laquelle j’étais assez libre : vingt films très courts et absurdes pour une marque allemande de scooters électriques (govecs), une vidéo pour un contrôleur MIDI innovant inventé par Naonext, une start up de Nantes (la ville où je vis) et un clip pour un groupe culte (en France) du début des années 90 et qui reprend du service : Elmer Food Beat. J’ai ensuite travaillé de décembre à janvier au sein de l’équipe de Pierrick Sorin sur un opéra vidéo au théâtre du Châtelet, en tant que technicien et un peu comédien. Actuellement, je finalise un court métrage de 15 minutes qui s’appellera "cervelle" et je prépare pour le mois d’avril une série de trois installations vidéo interactives et très personnelles dans un lieu particulier à Nantes, mais je n’en dirais pas plus, afin de conserver l’effet de surprise.

Tu es un autodidacte. Quand es-tu devenu un artiste ? Et comment es-tu venu à l’art vidéo ?
Je ne pense pas pouvoir répondre à cette question car il m’est déjà difficile de dire ce qu’est un artiste. A vrai dire je bricole, et cette définition me convient très bien, alors si la question est : "depuis quand tu bricoles", la réponse est : depuis tout le temps. L’art vidéo pour moi ce n’est qu’une définition, une étiquette, je préfère parler simplement de vidéo, ou d’images en mouvement. J’y suis venu parce que j’avais des images absurdes en tête et que je ressentais un fort besoin de les matérialiser, de les faires vivre et de les partager.

Qu’est-ce qui t’intéresse particulièrement dans la vidéo ? Que veux-tu explorer ou montrer ?
La vidéo n’est qu’un média parmi tant d’autres, un projet peut prendre plein de formes différentes. Il se trouve que j’utilise la vidéo mais je pourrais très bien faire de la poterie (ce qui est peut être moins vendeur à notre époque, et pourtant je suis sûr que la poterie est un média tout à fait intéressant). Ce que je veux explorer : ça dépend, parfois je veux simplement m’amuser ou juste sortir les images qui encombrent mon cerveau. Et parfois, sur des projets plus poussés j’ai envie de creuser plus loin, aborder d’autres formes de narration, détourner celles qui existent, provoquer des émotions, ou juste faire réfléchir un peu. Mais de toute façon je suis juste un petit artisan : je fais du bricolage un peu poussé, voilà tout.

Pour tes clips, est-ce que c’est la musique ou l’idée du film qui surgit en premier ? Par exemple pour "Drummer".
Quand on me demande un clip sur un morceau existant je m’inspire de la musique pour faire le clip. Et quand je décide de faire moi même un film musical je demande au musicien de s’inspirer de mon travail tout en dirigeant. Logique non ? Pour "Drummer" (c’est un peu vieux comme exemple) j’ai fait la musique moi même après avoir fait le film (si on peut appeler ça de la musique).

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Le court métrage "Carton" évoque l’ère du film muet. Il semble que tu as des modèles et des influences très différentes ?
A vrai dire à l’époque j’avais dû voir deux ou trois films muets (grand maximum). Seulement comme je n’avais pas d’argent, et que je ne suis pas très doué en techniques du son, il était plus simple de demander à quelqu’un de faire une musique pour illustrer les images. En ce qui concerne les modèles et influences c’est venu très tard car je n’avais pas une grande culture de l’image quand j’ai commencé à faire des petits objets vidéo. La référence ultime reste cependant "téléchat" (et finalement Roland Topor que j’ai découvert bien plus tard par le biais d’un ami, Rémi Fenta, qui en connaît beaucoup sur lui), c’est une série avec des marionnettes qui m’a définitivement marqué (je ne pense pas que cela aie été traduit en Allemagne).

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Qu’est-ce qui t’attire plus particulièrement dans la technique du stop-motion?
Je me suis mis au stop-motion au départ par manque d’argent et afin d’avoir une meilleure qualité d’image à l’époque où les caméras HD et autres reflex numériques n’existaient pas. Le stop-motion c’est rigolo : mais ce n’est qu’une technique, elle ne m’attire pas plus qu’une autre, l’important c’est la finalité, ce que l’on veut faire, la technique est juste un moyen, c’est secondaire.

Tu expérimentes aussi d’autres techniques. Est-ce qu’il y a une technique que tu préfères ?
Pour répondre à cette question j’aimerais citer cet extrait de chanson allemande : "Alles Hat Ein Ende Nur Die Wurst Hat Zwei" (Tout a une fin, sauf la saucisse qui en a deux). Je l’ai apprise il y a quelques semaines à Kassel où avec mon compère Steve Buchanan, nous avons joué notre performance "Free Sausage". C’est une chanson que je trouve très profonde même si je ne comprends pas toutes les paroles. Je sais bien que cela n’avait rien à voir avec la question mais ça fera une interview plus dense et puis j’avais déjà répondu à la question plus haut.

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Qui se cache derrière le masque?  Est-ce qu’il y a deux Charlie ?
Derrière le masque c’est encore moi. Il y a bien un autre Charlie Mars mais c’est un gars au Texas qui fait de la musique, rien à voir, en plus lui il ressemble à un cowboy et moi je préfère les singes aux vaches, je serais donc plus monkeyboy que cowboy…

Est-ce que tu as tricoté toi-même ta cagoule ?
Ma cagoule a été tricotée par une fée.

Comment as-tu découvert ARTE Creative?
C’est Basile, mon singe en peluche (qui est un grand sage, très doux et très gentil) qui m’en a parlé. Et comme c’est un sage et que je lui fais totalement confiance je me suis connecté sur le grand internet.

Liens
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