Die Idee des Jahres - 3  - Wunschmachine

L'idée de l'année : robots pour enfants, l'Anthropocène et un logiciel de diagnostic psychiatrique

Portrait de Martin Dunkelmann
Martin Dunkelmann

ARTE Creative a demandé à cent personnalités du monde de l’art et de la culture quelle était l’idée de l’année. Nous vous présentons chaque mois dix idées décalées, radicales et particulièrement innovantes. Une idée en vidéo, neuf idées sous forme de texte. Nulle chimère ni utopie, mais des œuvres, produits et services tout à fait concrets issus de l’économie de l’art, de la culture et de la création. Et vous pouvez participer : écrivez-nous (#ideedesjahres, #ideedelannee) pour nous dire quelles idées vous ont particulièrement impressionnés cette année ! Cette websérie est réalisée en collaboration avec ZEIT Online.

21. "Tinkerbots" - proposé par Kay Meseberg, Chef d'Edition ARTE Future

"Pendant longtemps, l’industrie a proposé aux enfants des jouets électroniques quasiment impossible à bidouiller et à bricoler, et qui finissaient donc vite au fond d’un tiroir. Ce type de jouets électroniques ne favorisait guère une approche ludique de la robotique. En revanche, les Tinkerbots, ces robots qui se montent comme des Lego, feront la joie des parents à tendance geek et ne devraient pas tarder à conquérir le cœur des enfants." – Kay Meseberg, Chef d’Edition ARTE Future

22. "ColaLife" - proposé par Robert Klanten, éditeur Gestalten

"ColaLife, c’est la preuve que des alliances improbables et une conception intelligente peuvent sauver des vies. Ceux qui ont déjà arpenté les pays en voie de développement ont pu constater – avec plus ou moins de stupéfaction – que même dans les contrées les plus reculées, on trouve du coca. Ce qui est beaucoup moins fréquent en revanche, c’est l’accès à l’aide médicale. La mortalité infantile est encore bien trop élevée dans les pays en voie de développement. D’après Simon Berry, le fondateur de ColaLife, un enfant sur cinq meurt avant d’atteindre l’âge de 5 ans. L’une des principales causes de décès reste la diarrhée. Il s’est alors demandé s’il n’était pas possible de faire transiter par les circuits de distribution de Coca-Cola des médicaments basiques et capables de sauver des vies ? Partant de ce constat, ColaLife a mis au point un système d’acheminement permettant d’augmenter la disponibilité de médicaments essentiels, indispensables au traitement de la diarrhée. Le kit Yamoyo contient des solutions buvables de l’OMS, du zinc, du savon et une notice, l’emballage servant à la fois de doseur et de gobelet. La forme du kit permet de l’intercaler dans les espaces libres d’une caisse standard remplie de bouteilles. Ainsi, il est possible de transporter 10 kits par caisse de coca. A l’heure actuelle, le concept est testé en Zambie. " – Robert Klanten, éditeur, Gestalten

23. "Mardinoir" - proposé par Mathieu Tremblin, artiste

"Dans le cadre de la Démarche artistique sur le chantier de la ZAC Renaudais à Betton, l’aménageur Groupe Giboire et la Ville de Betton ont invité l’artiste Arzhel Prioul alias Mardinoir à intervenir et à coordonner une série d’œuvres temporaires sur le temps de la construction. Calderpillar, une installation des Frères Ripoulain présentée à la Nuit Blanche Paris 2012, est la première d’entre elles, actualisée en fonction des possibles qu’offre ce chantier à Betton et mise en lumière par Sylvain Crozet. Calderpillar est un mobile urbain et monumental à mi-chemin entre une sculpture de Alexander Calder et une miniature de chambre d’enfant et dont les figures géométriques et colorées sont remplacées par des formes massives et industrielles. Un ensemble de modules composés d’éléments prélevés sur le chantier en contrebas est suspendu à la flèche d’une grue de la ZAC Renaudais et oscille lentement dans le vide." – Mathieu Tremblin, artiste

24. "Psychos Generator" - proposé par UBERMORGEN, duo artistique

"La meilleure idée de l’année ?" C’est le "Psychos Generator" ! Un logiciel de diagnostic psychiatrique. Le "patient" répond à une série de questions, il obtient un diagnostic CIM-10 et, dans la foulée, une ordonnance (PDF imprimable). On est ici à la croisée de la prise en charge psychiatrique traditionnelle (critères de diagnostic et questions personnelles) effectuée par un praticien et d’un diagnostic automatisé et donc infaillible, sans appel, incorruptible et sociopathe. Pour couronner le tout, les données sont stockées sur le câble. Il ressort des avancées les plus récentes (fermes de serveurs, cloud) que la fluidité des données engendrera des protocoles qui rendront obsolète le stockage statique et seront plus en adéquation avec la nature intrinsèque des données. Les unités de données (fichiers) sont libérées dans leur habitat naturel et évoluent selon leurs propres règles. Nous planchons sur un protocole qui laisserait les unités de données en flux constant, ce qui permettrait aux fragments de fichiers et à leurs métadonnées de circuler en permanence à travers l’infrastructure de câbles. Des tuyaux, de l’eau, des distributeurs, mais pas de réservoir. Le système est composé de câbles et de routeurs, c’est lui le réservoir, il n’y a ni ferme ni cloud, ni ordinateur, ni RAM, rien que le débit et quelques vannes pour extraire les données." – Le duo artistique UBERMORGEN, 2014

25. "Anthropocène" - proposé par Bernd M. Scherer, directeur du centre Haus der Kulturen der Welt

"L’idée de l’année ? L’Anthropocène (ANTHROPOZÄN )! Il serait bon de s’émerveiller à nouveau face à notre planète miraculeuse et de nous interroger : quelle action mener ? Comment étendre notre savoir ? Quelle est l’interdépendance entre action et savoir ? Quels moyens, méthodes et sens nous permettent d’appréhender le monde que nous avons créé ? Les méthodes usuelles d’acquisition des connaissances issues des sciences naturelles et des sciences humaines ont conduit l’humanité à ses limites. Le réchauffement climatique ainsi qu’une nouvelle conscience sociale ont pointé cette nécessité : au vu de la rapidité à laquelle se redéfinissent les causes et les conséquences, la fin et les moyens, la quantité et la qualité, il nous faut reconsidérer le monde, en visant non pas un discours postmoderne, mais des processus matériels. De la monstruosité d’un champignon atomique aux particularités d’un grain de poussière, en passant par le Sahara et la forêt amazonienne... Nous sommes arrivés à un stade où l’enjeu réside dans l’usage de la connaissance qui s’offre à nous – ou qui s’impose à nous. Ce constat trouve son expression paroxystique dans le concept d’Anthropocène, à la fois synonyme de responsabilité et d’opportunité. L’homme joue un rôle décisif dans la construction du monde. A condition toutefois que le savoir et le faire restent liés." – Bernd M. Scherer, directeur du centre Haus der Kulturen der Welt

 

 

26. "Street Art de Moscou" - proposé par Igor Ponosov, artiste

"En ce moment, je n’ai guère de temps et je n’ai pas la moindre idée de ce qui pourrait être l’idée de l’année. Mais je sais que pour moi, la plus importante des idées, c’est le street art ! Je connais des artistes de talent originaires de Russie ou des ex-républiques soviétiques qui font de super vidéos. Je vous envoie donc des vidéos de mes amis russes et ukrainiens, j’espère que c’est assez bon pour l’idée de l’année : PromoactionFigure #1 : Stability, Never inspect the teeth of a given horse,  Composition with the flag." – Igor Ponosov, artiste

27. "Exposition d'Aram Bartholl" - proposé par Remco Schuurbiers, directeur du festival CTM Berlin

"Mon choix pour l’idée de l’année se porte sur Offline Art: new2, une exposition conçue par Aram Bartholl, un artiste protéiforme qu’on a pu voir à Paris en 2013. Manifestation collective, elle investissait un espace quasiment vide dont les murs étaient couverts de routeurs WIFI qui n’étaient pas connectés à Internet mais relayaient les travaux vers les smartphones, tablettes ou ordinateurs portables présents. Les contributions étaient signées Cory Arcangel, Kim Asendorf, Claude Closky, Constant Dullaart, Dragan Espenschied, Faith Holland, JODI, Olia Lialina, Jonas Lund, Evan Roth, Phil Thompson, Emilie Gervais & Sarah Weis." – Remco Schuurbiers, commissaire et directeur du festival CTM Berlin

 

 

28. "Device 6" - proposé par Florian Veltman, illustrateur

"Device 6 est un jeu textuel d’un nouvel ordre, exploitant de façon complètement nouvelle le support de la tablette. D’habitude, avec un livre numérique, on sait qu’on lit un livre sous une forme un peu maladroite. Quand on joue à un jeu textuel, on sait très bien qu'on joue à un jeu, car pour avoir accès à la suite du texte, certaines manipulations spécifiques au support nous sont demandées. Dans Device 6, on se demande par moment si on est réellement en train de jouer à un jeu vidéo ou si on lit un livre. La mise en page participe à mettre en scène l’histoire. Nous pouvons faire des choix, en décidant de continuer la lecture vers la gauche ou la droite. Alors qu'on avance dans l’histoire, le personnage que l'on accompagne se déplace, et on peut parfois entendre le bruit de ses pas lors de nos "déplacements" à travers le texte. Toutes ces choses contribuent à révolutionner le genre du jeu vidéo et du livre numérique. Ce jeu nous permet d'aborder le livre numérique sous un autre angle, en nous faisant comprendre que peut-être que le changement de support devrait aussi induire une autre forme d'interaction… Peut-être ce "jeu" nous poussera-t-il à trouver d’autres solutions que l’acte de tourner de fausses pages sur un écran, dans nos futurs livres numériques." – Florian Veltman, illustrateur, game designer

29. "Inflammables" - proposé par Jörg Reckhenrich, analyste de tendances

"L’idée de l’année ? Mon projet Inflammables pardi ! Des citations philosophiques et littéraires bien connues sont reproduites au mur avec des allumettes. L’installation est allumée, les citations luisent dans les flammes et les reliques (allumettes brûlées, traces de combustion) transforment la citation en image. Le texte fait naître une ambiance." – Jörg Reckhenrich, artiste, analyste de tendances

30. "BodyNet" - proposé par Thomas Dumke, directeur du festival Cyneart

"BodyNet, c’est le prototype du premier réseau social strictement basé sur la communication non-verbale et l’expression "incarnée". BodyNet est une réponse à la réduction de la communication non-verbale et de l’expression "incarnée" qu’on observe actuellement dans notre société où prévaut l’information. Phénomène sans précédent, les avancées culturelles comportementales sont réduites à des paramètres individuels et à des formes conditionnées par la technologie. BodyNet est un projet à long terme. Dans un premier temps, un réseau verra le jour dans toute l’Europe. Grâce à des installations, interfaces, architectures et wearables, ses nœuds / partenaires pourront réaliser des formes de communication non-verbale, gestes, comportements et relations interpersonnelles qui surmonteront les paradigmes du contrôle émotionnel en vigueur jusque-là. En visant le spectre le plus large d’informations corporelles transmises, nous contribuons à préserver la diversité des expressions humaines dont nous pouvons à nouveau prendre conscience. Ma deuxième idée de l’année, c’est "Holostage". Le prototype de Holostage sert à étudier les formes de communication dans une performance mettant en œuvre la confrontation interactive et en temps réel d’un performeur avec un ou plusieurs avatars 3D présents dans l’espace. L’objectif est de créer une performance interactive où la communication hologramme en 3D et en temps réel formerait un protocole expérimental permettant d’appréhender de manière tangible la projection et ses interactions, sur place et en réseau. Il s’agit d’en faire un module constitutif de BodyNet." – Thomas Dumke, directeur du festival Cynetart

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Crédits
Production vidéo : Martin Dunkelmann
Musique : https://soundcloud.com/akia.
En coopération avec ZEIT Online.

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