Atelier A. #55 : Marie-Ange Guilleminot

Marie-Ange Guilleminot crée des objets malléables et transformables à l'envi

Portrait de Atelier A
Atelier A

À partir de quelques gestes élémentaires - pliage, tissage, broderie -, et de matériaux modestes, textiles principalement, Marie-Ange Guilleminot s'est composé un univers singulier qu'elle a choisi de détourner de ses caractéristiques « féminines ». Le geste se donne parfois en public, avec par exemple les Salons de Transformation, ou suit la trame d'un récit inventé par l'artiste tel Le Mariage de Saint-Maur à Saint-Gallen (1994). Fabriquées sur mesure, les Robes prennent le contrepied de leur destinée utilitaire puisqu'elles ne couvrent plus mais révèlent les parties intimes du corps féminin (sein, aisselles, nombril, grains de beauté), lorsque les Poupées, objets malléables que l'artiste manipule énergiquement devant la caméra, renvoient aux thèmes de l'enfance et de la sexualité. Férue de culture orientale, Marie-Ange Guilleminot a développé pendant une dizaine d'années une réflexion et un travail délicat sur l'après-Hiroshima (Les Vêtements blancs), présenté sous la forme de performances et de livres d'artiste. C'est aussi par le biais d'un stand de bouquinistes situé sur le quai Conti qu'elle fait connaître les livres d'artistes qu'elle affectionne, autre mode généreux de partage et de diffusion artistique.

À la Manufacture de Sèvres, où sont produits une collection de bols d'inspiration orientale, Marie-Ange Guilleminot nous parle de la sculpture Cauris (1997), un sac né d'une paire de collant, transformable au gré des objets qu'il contient et des corps qu'il épouse. Soit pour l'artiste un parfait « objet de transition » situé entre fonctionnalité et contemplation, économie du geste et valeur marchande, fragilité et raffinement.
 


Liens :

• Marie-Ange Guilleminot
• Sèvres - Cité de la céramique

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