Atelier A - Mohamed Bourouissa

L'atelier A : Mohamed Bourouissa

Atelier A

Dans un flux continu d’images et des formats en perpétuel renouvellement, la pratique artistique de Mohamed Bourouissa s’alimente d’échanges, de dialogues et de "commerces" divers.

Des premières photographies de la série Périphérique, à partir de 2005, qui jouaient sur les clichés narratifs et esthétiques de la banlieue, au récent projet Some Copyright Options, travail de réappropriation réalisé avec les populations inuit du Grand Nord canadien en 2014, en passant par les pièces à l’effigie du rappeur Booba et au clip qu’il lui consacre (All-in, 2012), il est à chaque fois question d’altérité et de circulation de gestes, d’actes ou de monnaies d’échange.

Pour l’artiste franco-algérien, né à Blida (Algérie) et travaillant aujourd’hui à Gennevilliers, la relation économique entre les êtres, que l’on pourrait qualifier d’écologie sociale, est ce qui donne sa forme, élastique et flottante, à la société. Lorsqu’il introduit dans une prison un téléphone portable qui lui permet de recueillir des images généralement invisibles (Temps mort, 2009), filme en caméra cachée les clients de revendeurs de cigarettes de Barbès (Legend, 2010) ou rephotographie des clichés de pickpockets posant avec l’objet du délit (Shoplifter, 2014-2015), Mohamed Bourouissa est agent d’une circulation entre individus, lieux et représentations. Par sa démarche, l’artiste introduit dans le champ de l’art des images "moyennes" dont il active la symbolique.

Érigeant un monument collectif aux chômeurs dont il reproduit, sur le principe du volontariat, la silhouette en 3D (L’Utopie d’August Sander, 2012), il joue avec les codes de l’art comme instance de sacralisation et fait de l’échange, une fois encore, le principal vecteur reliant l’artiste et la société.

Liens :

Commentaires (0)

Les plus vues de la semaine