Atelier A. : Nathalie Talec

Nathalie Talec, la mise en scène du moi

Portrait de Atelier A
Atelier A

Autoportrait avec paire de lunettes pour évaluation des distances en terre froide, Cinq minutes sur la route du pôle, Les Esquimaux ne savent pas nager...

Les titres elliptiques des oeuvres de Nathalie Talec évoquent un ailleurs, l'idée d'un lointain voyage, celui des grands explorateurs auxquels l'artiste s'identifie totalement : assimilant son parcours à celui de l'aventurier, elle partage avec ce dernier un intérêt commun pour les sciences, un goût pour le travestissement, et une certaine mise en danger physique et spirituelle. S'emparant de supports et de médiums distincts (dessins, sculptures, photographies, vidéos, performances, déclamations de textes et chansons) qu'elle soumet à une pensée d'ensemble et met en scène dans des dispositifs savamment étudiés, l'artiste articule une grande partie de son oeuvre autour de la thématique du froid. Le corpus iconographique qui lui est universellement associé - neige, givre, flocons de neige, crampons de glace, traineau - permet à Nathalie Talec d'aborder le monde réel et d'éprouver la notion de corps, tout en s'inscrivant avec singularité dans l'histoire de l'art : une histoire « sentimentale » qui recouvre notamment les champs de la sculpture, de la peinture monochrome et de l'abstraction géométrique, comme le public du Mac/Val avait pu l'expérimenter en 2009 lors d'une importante rétrospective de l'artiste. Premier sujet de ses oeuvres, Nathalie Talec envisage enfin l'autoportrait comme un moyen « d'ouvrir le territoire d'une nouvelle modalité de la subjectivité : celle d'une identité d'emprunt, d'un détour, d'une mise en scène du moi ».
 


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