Atelier A. #  Philippe Mayaux

Philippe Mayaux, producteur d'un univers libidineux survolté

Anonymous

Tout en la retravaillant, Philippe Mayaux introduit "Reconstitution" (2002-2012), vitrine contenant le moulage du corps d’une femme – certaines parties étant des empreintes et d’autres, plus internes, subsumées – exposée au Centre Pompidou dans l’exposition dédiée au Surréalisme et l’objet. Explosé en dizaine d’objets plus ou moins naturaliste, le corps tant aimé devient le support d’une collection hallucinante et une véritable déclaration.

Ne pas s'y fier. Sous certains airs angéliques, ses œuvres sont des pièges, des tiroirs à double fond d'où surgissent des sortilèges, des mauvais génies qui viennent assaillir le spectateur. Qu'il s'adonne à la peinture, à la vanité, à la sculpture ou à l'assemblage d'objets, Philippe Mayaux (1961), lauréat du prestigieux Prix Duchamp 2006, n'est pas un artiste tranquille. Ses machines sont infernales et célibataires, en bon fils indigne de Duchamp et de Magritte, ses œuvres parlent, s'agitent, bref, elles ne tiennent pas en place. Des pièces montées au rose bonbon douceâtre ? Rien d'inoffensif, car "Savoureux de toi" (2006) est une tartelette de moulages de sexes féminins et masculins qui n'a rien d'angélique. Derrière "T'as du feu ?" (Chimère), groupe sculpté de 2006, se cache une saynète entre un gorille à l'arrière-train de cheval nez à nez avec un cheval à cul de primate. Cherchez l'erreur. Spécialiste du dérapage, producteur d'un univers libidineux survolté, Mayaux maîtrise ses gammes et ses classiques, artiste cultivé et facétieux dont la mission subliminale est de laisser ses spectateurs dans un état d'éveil halluciné. Jamais tranquille on vous dit.
 

Atelier A : Philippe Mayaux (version longue)

Liens :

Philippe Mayaux
Le Surréalisme et l'objet au Centre Pompidou Paris

 

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