spamm 1.1 - Jeremy Bailey "Transhuman Dance Recital"

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ARTE Creative

La vie est belle ! «Hello World !» c'est ainsi que Jeremy Bailey apostrophe les visiteurs de son site. C'est d'ailleurs aussi un « Hello world ! » qui semble introduire chacune de ses vidéos. Courtes bandes dans lesquelles il regarde en face internet, la caméra et ses spectateurs. Car Jeremy Bailey est un performeur du web, artiste Canadien, pour qui « la vie est belle ». Son sujet est le corps de Jeremy Bailey, son personnage est Jeremy Bailey et sa machine est fabriquée par Jeremy Bailey. 

 

Post Humain Vidéo

Si la technologie modifie et étend notre comportement... Jeremy Bailey attend avec impatience la prochaine étape dans l'évolution humaine (technohybridation) promise par la machine. Jeremy Bailey mène un travail vidéo numérique sans faille dont la constante reste le visage de Jeremy Bailey. Résultat d'une enfance passée face à son PC et dont toutes les photos de famille le représentaient de dos. Quoi qu'il en soit, les 7 minutes de « Transhuman Dance Recital » sont peut-être le résultat le plus poétique de ce travail narcissique.

Depuis une dizaine d'années Bailey invente l'homme augmenté et se travestit en direct en transformer hybride, mi-homme, mi-objet de synthèse à travers ses sculptures publiques - Ironie d'une réalité augmentée en devenir - imaginaire d'un super homme qui a pris beaucoup de retard face aux effets spéciaux du cinéma et à l'imagination des écrivains du vingtième siècle. Bailey simule. Mais là son Transhuman Dance Recital annonce le trans-humain poétique : une nouvelle évolution, plus qu'une hybridation. «Dans mon travail, je me plais à imaginer que dans l'avenir les ordinateurs vont continuer notre trajectoire de mutation et j'imagine les conséquences de l'extension de notre corps à l'intérieur d'une performance plus contemporaine» disait Bailey. Une performance augmentée peut-être, mais pas une réalité. Ses sculptures publiques répondent cent ans après au locataire diabolique de Georges  Méliès. Mais cette danse Transhumaine est un tournant dans les démonstrations technophiliques de Bailey. Là il n'est plus l'homme augmenté par la magie des technologies. Dans cette vidéo, Jeremy est un nouvel homme et saute à pieds joints dans une fiction poétique presque chamanique... une transe.

D'abord, on ne voit que sa tête incrustée dans un dessin presque naïf. Ses membres ne sont plus des prothèses en formes synthétiques, mais des appendices organiques et colorés : une écharpe qui s'agite. Son corps est une masse graphique et il dialogue avec un petit triangle malicieux. Ici Jeremy Bailey laisse parler son corps (inexistant) graphique et, une fois n'est pas coutume, fait oeuvre de tableau numérique.

Nous sommes dans un aquarium... dans un dessin animé de palette graphique agrémenté d'un collage humain à la Mikael Gaumnitz (de l'ex courrier des lecteurs d'ARTE)... nous sommes dans un monde vidéographique des années 80/90 où la couleur et la poésie priment sur une pseudo réalité.

«Je regarde le monde la plupart du temps à travers mon ordinateur portable et mon téléphone, disait Bailey... Je pense aux dispositifs que j'imagine, aux lunettes que je porte pour corriger ma myopie, seulement ils ne sont pas transparents, ils sont le reflet.» Le reflet d'un monde de fantômes auquel on accède enfin dans Transhuman Dance Recital. Alors, on se retrouve transporté  dans le concept de Bailey : l'imperfection est LA perfection !

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Jeremy Bailey
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