Publié le 20 février 2012 à 20:23 De Gilbert Pinna

Ce qui se passa sous la tête de l'âne, on l'ignora.

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Gilbert Pinna

Dessinateur et professeur de philosophie. Certains dessins sont réalisés directement au tube d'encre de Chine noire, qui coule sur le papier. L'exécution est très rapide. D'autres investissent la hachure et cherchent à sculpter les visages. Au fond, quels que soient les supports, c'est ce même mouvement de la main comme hantée, qui cherche, dans un geste fulgurant. Et ce geste qui, sur le papier, se joue des contrastes entre le lisse et le rugueux, bouscule la page, fait surgir des ombres, évapore les lumières, densifie les visages, et fait vibrer leur éclat par des colliers de poils. Ce que je découvre alors, c'est que paradoxalement, ce travail aveugle des griffures graphiques apaise les volumes et entrouvre des espaces pour la ligne claire. Elles inscrivent la chair des corps et des visages et la restituent dans son frémissement explosif (je pense alors à Crumb et à ses têtes radieuses des fiancées de Kafka). Elles investissent les dents, ces petits blocs littéralement indessinables, en délivrant leur intimité souterraine. Et tout autour des personnages, dans le cadre qui a glissé, cette constellation de traits, comme une pluie d'été, qui capte l'air et ses météores, dans toute son intensité. La revue culturelle et littéraire polonaise "Tygiel" vient de publier un dossier sur mon travail graphique (décembre 2010).

Gilbert Pinna, le blog graphique

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